Black Shape Of Nexus – Negative Black (2012)

<a href=“http://blackshapeofnexus.bandcamp.com/album/negative-black” data-mce-href=“http://blackshapeofnexus.bandcamp.com/album/negative-black”>Negative Black by Black Shape of Nexus</a>

Salut certains guitaristes arrivent à faire vomir leur guitare c’est le cas ici et quand je dis vomir c’est vraiment pas un petit crachat de bile non c’est un torrent des litres et des litres de bouffe à moitié digérée mélangée aux sucs gastriques fermentés que du bonheur heureusement que les odeurs ne passent pas encore par les enceintes. Sinon que dire ouai il y a une batterie. Etonnant hein? Du genre minimaliste : la cymbale qui fait chii chiii chiii chiii assez lentement, grosse caisse et caisse claire par intermittence, comme une intro de chanson étirée sur cinq minutes au moins. Voilà, Black Shape Of Nexus, un groupe extrémiste. Ça tombe bien ça nous arrive à tous d’avoir des envies de ce genre. A part ma mère? et ma soeur. Ouai bon. Alors comme j’ai le temps je vais dire deux mots sur la basse : noise, Unsane. Voila ça c’est fait. Hop un petit coup de sample vocal tiré d’un film où qu’ils disent des gros mots en anglais. C’est très crasseux quoi, presque autant que GREYMACHINE l’infâme groupe de justin Broadrick avec Aaron Turner.

Hop chanson suivante (je me demande quand même si on peut parler de chansons, mais quel autre mot utiliser et après tout cette fois il y a des paroles). Bon alors là c’est carrément groovy, un peu saccadé, mais groovy, bonnes ondes groovy, bonne vibe, des cris groovy un peu retranchés dans au fin fond du mix, les guitares bien devant. C’est de la musique de guerre groovy. Cette chanson s’appelle 400H, les autres ont toutes un nom à la con comme ça ou presque. Ça justifierait une interview ça. Hé les gars c’est quoi ces noms franchement vous auriez pas pu faire un effort? Ouuh mais ça déconne pas au milieu du morceau il y a un changement radical, tempo ralenti, un deuxième cri, plus porcin celui là, se fait entendre, non pas porcin, plutôt du genre mutant géant, un mutant couvert de pustules en salopette avec une tronçonneuse dans une main et un fusil à canon scié dans l’autre (plus facile, les mutants ne savent pas viser de toute façon). Le riff est méga simple, carrément doomesque, mais assez efficace et une seconde guitare s’excite un peu par dessus, rendant le tout un peu original. Bon qu’on soit clair, le début de ce disque est assez original, qu’il s’agisse du son, de la construction des morceaux, on est très loin de la copie minable d’Electric Wizard ou [ton groupe préféré]. Ce ne sera malheureusement pas le cas de la suite ! 

Le morceau suivant s’appelle 60 WV et il parle sans doute de 60 voitures de marque Wolkswagen qui roulent en file indienne sur une autoroute de la mort. Des Polo je pense. La méga classe allemande qui tombe jamais en panne et tout. Une division de Polo qui déferle sur les terres grillées du sud de l’Europe en dévorant tout ce qui se dresse sur leur passage, que ce soit une supérette, un marchand de glaces ou de slips de bain. Sinon ce morceau ne se décrit pas, il se vit, il se ressent là en bas dans le ventre, dans les cheveux, dans les autres poils (désolé les chauves imberbes). La seconde partie du morceau est démentielle, la grosse caisse marque toutes les croches, c’est du motorik black metal. Mon dieu ça défonce tout dommage qu’il ait fallu se taper un morceau classique de doom avant ça. Oui petit reproche à faire à ce disque, il y a des idées monstrueusement cool et efficaces mais elles sont un peu étouffées par le reste. Franchement les gars on s’en fout des plans doom entendus déjà cent fois, libérez votre créativité bordel, le conformisme n’est pas une fatalité et bref.

Ensuite il y a 10000 uF (je sais pas faire le symbole “micro” avec mon clavier). Ca parle certainement d’un condensateur qui est tellement rempli qu’il est devenu énorme et il explose BOUM dans un cataclysme heavy midtempo qui déconne pas. Encore un riff à deux balles. Oui je fais partie de cette catégorie de personnes qui pensent qu’il faut plus qu’un riff efficace pour faire une bonne chanson. Bon heureusement ici il y a un chanteur qui donne tout ce qu’il a et j’aime bien, c’est un cri plus squelette que cochon, ça me plait, je préfère les cris aigus que les grouiiiiii de death metal, j’ai jamais été très fan de ça, et puis je comprends pas trop comment ils font d’ailleurs pour sortir des grognements aussi ridicules. Je suis en train de m’apercevoir que le morceau intitulé 10000 uF s’étire sur presque 20 minutes et en plus c’est pas le plus long! Je sais pas trop si je vais tenir le coup jusqu’à la fin, il va peut-être me falloir un autre thé. Bon. La musique se calme un peu et le gratteux a enclenché le phaser, c’est vaguement psychédélique. Le batteur joue des roulements de champ de bataille, deux notes, deux putains de notes, la musique des dents de la mer au ralenti, c’est la tension quoi… Et puis ça repart, nouveau riffs, nouveaux cris, C’est drôlement con en fait comme musique, un peu comme les Ramones ou AC DC ou Unsane quoi. Bon ce que je trouve dommage à chaque fois quand j’écoute ce genre de disque, c’est qu’il n’y a pas un son aussi parfait et puissamment cool que dans les disques de Stephen O’Malley. Teeth Of Lions Rule The Divine… Voilà un bon disque. Très bon même, génial, parfait, tout ce que vous voulez. A aucun moment on ne se dit “ouai les gars c’est bon on a compris vous jouez du DOUME extrême sur vos gros amplis, vous voulez pas jouer une reprise de Starmania maintenant?”. Les Black Shape Of Nexus, on aimerait bien, mais non, ils ne jouent jamais une reprise de starmania, ils se contentent de jouer un riff encore plus con, encore plus cliché, encore plus lent, de balancer un cri encore plus evil 666… Ennui ennui ennui. Quand je pense au premier morceau, et toutes les promesses qu’il renfermait… Tiens en parlant de Teeth Of The Lions Rule The Divine… Figurez vous que j’ai commandé leur tshirt sur un site, je sais plus je crois que c’était All That’s Heavy ou Southern Lord directement… Bref. En photo il avait l’air vachement cool mais j’ai été très déçu quand je l’ai reçu. Déjà c’était pas du 100% coton, pas très agréable pour la peau. J’aime pas trop les choses en plastique moi. En plus l’imprimé était vraiment moche, noir brillant sur t shirt noir, j’avais l’impression de me transformer en wesh cousin 2.0 genre comme ça. Ou en coiffeur. Du coup je sens qu’il va rejoindre direct mon cimetière des t shirts que je n’ai jamais porté et que je ne porterai jamais, le cimetière des t shirts maudits. Ca me rend un peu triste mais en même temps cette saloperie est même pas 100% coton. Vous voyez je suis assez remonté j’ai même eu envie d’écrire une lettre à je sais pas trop qui d’ailleurs, peut-être SOMA. Ah tiens pendant que je vous fait une parenthèse fashion, la musique s’est drôlement calmée, plus de guitare ni rien, juste des synthés et des sons d’ambiance. Si j’étais au lit avec le casque sur les oreilles, je me serais certainement endormi, ce qui eut été dommage étant donné qu’il y a encore une chiée de morceaux et au moins 40 minutes de musiques. Putaing c’est long. 

Le morceau suivant s’appelle 14d, une taille américaine de soutiens gorge ou un truc comme ça. Bonnet D, c’est cool. C’est plaisant. Les trucs ronds de manière générale. Ah d’ailleurs je vous ai pas dit, je me suis fait tatouer un rond sur le bras. Sur ce morceau, c’est un autre chanteur on dirait, son cri est beaucoup plus gras(ve) un peu comme le mec de Yob quand il fait le cochon. Voilà ça c’était la partie marrante, maintenant, au bout de trois minutes, encore du doom au kilomètre. Bien joué certes, mais c’est bon là, on a compris les gars. Je vous aime bien hein, vous avez un nom de groupe sympa, la pochette est assez jolie, un peu stylée, avec d’abord les initiales, et puis en dessous le nom écrit in extenso, le nom de l’album scié, passé à la guillotine, le haut en train de se détacher, le black écrit en gras, pour bien montrer que c’est black, excellente idée. Et puis cette image… Il y a un crâne avec des dents non? C’est une sorte de radio ratée non? Ahaha le technicien avait peut-être un peu trop bu. Ah et on dirait une empreinte de chien dans l’oeil du squelette non? Mais qu’on-t-ils bien pu vouloir dire? Que c’est de la musique macabre, ça parle de la mort, ça fait peur, c’est un peu fouillis, ça part dans tous les sens? Je suis plutôt partagé, à propos de cette musique également. C’est sympa ouai, mais alors? J’ai pas perdu ma soirée là à écouter ça? Alors que j’ai tellement de nouveaux disques à écouter qui ont l’air trop bien, de disques un peu moins nouveaux à réécouter pour leur faire une petite place dans mon coeur… Bah. 

Tiens une intro à la guitare-phaser sous accordée, on dirait le début d’un morceau de YOB. Ou un de mes anciens morceaux, à l’époque ou j’avais encore envie de faire ce genre de trucs. Pour l’instant ça commence bien, c’est planant, la basse est bien ronde, moelleuse, on a envie de se coucher dessus, on sent qu’elle peut nous faire décoller comme un tapis volant, mais en version lit. Ca ondule, ça danse devant nos yeux et nos oreilles, on dirait presque un truc oriental! Donc ces mecs ont des gènes de hippie! Bien!! Des hippies satanistes, des vrais. C’est clair ce que j’entends là c’est une musique de film de Kenneth Anger, je visualise très bien, des actrices à moitié à poil déguisées en prêtresses égyptiennes avec un beau pendentif en forme d’oeil de RA, les mains tendues vers le soleil, un serpent sur les épaules, des mouvements de caméra hyper mystiques, trop classe et trop ridicule en même temps. Voilà c’est finit. 6 minutes et 45 secondes de Bobby Beausoleil gratos. Merci les kikis. Maintenant place au dessert. 

OUCH 22 minutes le dessert. Vous voyez à quel point je peux être courageux. Encore 22 minutes de riffs pachydermiques, de feedbacks qui piquent les tympans, de cris de squelettes et de cris de cochons… Un vrai marathon. C’est pas pour les enfants. Donc là voilà, le morceau le plus hyper lent et lourd de l’album. Cet extrémisme est d’ailleurs intéressant. Ca me plait bien. La guitare résonne pendant de longues secondes entre chaque attaque des cordes, le gras des power chords muant à chaque fois en un feedback modérément agressif. Le truc marrant c’est que dans ces intervalles il y a un mec qui fait des bruits avec sa bouche, mais pas des truc metal, non des trucs expérimentaux ridicules un peu comme dans un morceau de musique contemporaine de conservatoire. C’est audacieux, un bon point pour la prise de risque. Après, voilà, c’est l’écueil classique quand on veut représenter la folie, c’est qu’on tombe rapidement dans le ridicule, n’est pas Jack Nicholson qui veut, mais heureusement ces onomatopées débiles ne sont pas trop mises en avant, on peut choisir de les ignorer. Mhh pas tout à fait, mais je vais être gentil. Donc hormis ces cris de goret expérimentaux, on a affaire à un truc à la Monarch! ultra doom de la mort, mais bon, en moins bien. Il y a une clochette à droite, au fond, on l’entend à peine. Par moment il n’y a vraiment que la guitare qui résonne. Je me demande sur quels amplis ils jouent. Non pas que ça soit d’une importance capitale, mais bon. C’est le genre de petit détail qui m’intéresse moi. Alors que j’y connais pas grand chose. AH. AH! Ah non. A la moitié du morceau on dirait qu’il va y avoir une explosion mais ça dure pas. On est quand même dans la dernière ligne droite, et ceux qui courent un peu savent que la fin c’est très dur, on a envie de tout lâcher, d’abandonner, le corps nous dit non. Il faut une volonté de fer. C’est d’ailleurs un des grands intérêts de la course à pied, la musculation de la volonté. Pff. Ce morceau est très pénible, en même temps j’ai l’impression que si on le passait en accéléré on se rendrait compte qu’il est plus complexe qu’il n’y parait. Mais là ça évolue tellement longtemps, qu’on capte rien, on finit juste par vibrer en résonance on se transforme nous aussi en onde, ouai. Bon. Ouf voilà que les gars se décident à passer à autre chose. La batterie joue un rythme un peu tribal, toms + charley fermé, les guitares font une crise d’épilepsie au ralenti, et puis au milieu il y a un cri saturé qui se transforme en simple bruit proche du bruit blanc mais quand même plus craquant, croustillant, crrrrr ouais encore un truc formé simplement de deux notes. Ces percussions tribales me rappellent un peu Year Of No Light, ils seraient tout à fait capables de jouer ce genre de chose, ou presque. J’imagine que les deux groupes se connaissent, je me demande si ils s’apprécient. Je préfère quand même largement Year Of No Light, mais ne voyez pas là une marque de chauvinisme, du tout, c’est jusque que ça me fait moins ronfler et c’est beaucoup plus aérien, onirique, drogué, tout ça. Mais je dois dire que le grand finale de ce Negative Black me plait assez. Un rythme hypnotique, musclé, des bidouillages avec les pédales d’effet, un son qui tend vers le bruit pur et simple… ça retombe un peu à plat, dommage, mais il y avait de l’idée. Hop. 

Bon c’est tout merci pour votre attention.