Sunn 0))) & Ulver – Terrestrials

Yo les lapins ce soir on va parler de la 200e référence de Southern Lords c’est un disque de collaboration entre Sunn 0))) et Ulver un groupe de metal norvégien que je connaissais pas mais bon personne n’est parfait. Pour plus de renseignements, veuillez vous reporter au communiqué de presse ou lisez les magazines sérieux ou mieux allez voir sur bandcamp. 

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Ça commence très doucement avec de la guitare trémolo et des trucs de violon épars comme des caresses gentilles c’est mignon. Le son est un peu sale on dirait un truc des années 60 ou 70 un peu new age mais bien évidemment on s’accroche quand même dans son fauteuil au cas où et d’ailleurs maintenant on entend une trompette et différentes couches de guitares saturées il est assez clair que ça va encore monter. On en a tous envie en fait. Vous vous rappelez le dernier album de Sunn O)))? Bien ou décevant? Je sais pas trop. J’ai du mal à me faire une opinion même plusieurs années plus tard. Bien sûr ce morceau qui s’appelle Alice est très intelligent mais au delà de l’idée, du concept, je ne suis pas certain de l’aimer plus que ça. Ce que je préfère de Sunn, c’est le premier album que j’ai chroniqué une fois. Bref. Le morceau avance lentement. Les guitares bourdonnantes montent petit à petit, il y a de la trompette en sourdine, c’est bien jazzy. Sunn featuring miles davis. Il est pas mort lui? J’aime pas Miles Davis. Il m’ennuie. Le morceau avance par vagues. Comme les champignons. Un petit peu de basse, hop. Ne pas réfléchir. Ce genre de musique, c’est mieux quand on débranche son cerveau et qu’on ne devient qu’une sorte de réceptacle, ou plutôt de transmetteur. Un cerveau -> des instruments -> un enregistrement -> un cerveau -> l’infini. Allongé par terre, à ne penser à rien. C’est juste que ça fait du bien et ça met l’ego de côté pendant un petit moment, ce qui est toujours agréable. L’ego, ce gros GROS boulet.

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Ho mais il y a une batterie. Une cassure. La basse calme tous les instruments de sa prestance, soutenue par la batterie, et les trompettes courtisanes qui dégagent la voie jusqu’au trône. Le roi fait son entrée. De cette musique émane une forme certaine de noblesse. C’est beau. Attention laissez moi passer je suis mieux que les autres. Oui Sunn est un groupe à part et tant mieux s’ils ont trouvé des gens pour jouer avec eux. Ils en ont toujours eu des invités, genre Oren Ambarchi ou James Plotkin ou je sais pas. Mais cette fois ils ont pris soin de le mentionner sur la pochette. Pourquoi mystère mystère. Je ne connais pas “Ulver”.

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Oh mais le premier morceau se termine trop vite. Le second est SOMBRE. Toujours ces violons déglingués des années 70 et une grosse basse python qui serpente jusqu’à tes oreilles. On n’entend plus du tout le son classique de Sunn, ces guitares ronflantes sous accordées 50000 fois qui font vibrer tout ton appartement. Le son est différent ici et rien que pour ça, je suis content pour eux. C’est bien de se renouveler. Moins d’infrabasses désormais. Un son vraiment vintage, je sais pas comment l’expliquer, moins de fréquences très hautes aussi. On dirait un disque des années 60. La bande son d’un inédit de la quatrième dimension. Le meilleur épisode de la quatrième dimension que tu n’as jamais vu. Un épisode un peu mystique. Le son est la première chose que l’on remarque en écoutant ce disque. Il est très intéressant. Pas aussi efficace que du Sunn O))) classique, mais extrêmement évocateur. Le massage des intestins, c’est pas tout dans la vie. Stephen et Greg on mûri. Ils restent beaucoup plus intéressants que nombre de musiciens. A quoi c’est dû? Je sais pas. Bon faisons un point rapide. En ce moment j’entends des violons enregistrés sur bande qui bourdonnent un max, plein de couches d’instruments à cordes. Par dessus, une basse qui raconte un histoire. Une basse sans vraiment beaucoup de basse. Mais peu importe. Parfois elle vrille un peu. Elle est vivante. Du feedback de basse. Le son n’est pas vraiment agréable mais mais… Fréquences un peu agressives, dans les aigus. C’est pas un tapis moelleux. A ne pas écouter trop fort hein. Qu’est-ce qui se passe. J’ai vaguement l’impression d’écouter un très très bon disque mais je suis pas sûr. On attendra d’avoir la critique dans Noise ou Pitchfork pour ça. Amen.

Fin du deuxième morceau et j’ai juste envie de dire wow. Le troisème commence. Il y a une sorte de marimba. C’est tropical. Très sixties. Trois accords. Classe, et un peu tristounet. Ok, c’est magnifique. Sur cette base de trois accords, il y a tout un orchestre qui improvise, violons guitares, un max de reverbe, et ça évolue très lentement. Toujours la basse bien présente, bien grosse mais pas tellurique non plus. Ne jamais sous estimer les talents d’improvisation de ces gens là. L’improvisation, c’est beau. C’est la vie. C’est l’expression ultime de la vie. Quand en plus il y a une base mélodique un peu familière et qui véhicule des émotions, c’est parfait, on ne peut rien demander de plus. Oh mais non, ce n’est pas un marimba, c’est un clavier électrique style fender rhodes ou je sais pas quoi. Ça me rappelle les disques d’Aethenor, ce groupe d’impro hypra cool dans lequel jouait Stephen. Bien joué. J’aurais mixé le morceau un peu différemment, mais bien joué. C’est juste magnifique, et très nostalgique. Le son vintage, la mélodie tristoune. On se remémore des choses. Ca fait ressurgir des souvenirs. Le problème de la musique bizaroïde c’est qu’en général elle ne véhicule que très peu d’émotion. Elle stimule d’autres zones du cerveau, mais elle ne vous fera pas dresser les poils. C’est mon cas, du moins. Alors que là, juste trois accords débiles, et c’est parti. Oh mais voilà qu’il y a du chant et un synthé. Une voix grave, profonde. On dirait presque un mec de Neurosis. Ca devient vraiment dramatique. Comme la vie parfois peut être hyper dramatique, lorsqu’on perd un membre de sa famille, ou quand il y a une guerre, ou qu’on s’est fait jeter par sa copine. Ou sa femme. Ah oui je vous ai dit que j’étais marié maintenant? Enfin bref. Le synthé est limite kitsch. C’est limite kitsch, mais juste limite. Non c’est vraiment beau. WWOOWW. J’écouterai pas ça tout le temps c’est un peu trop lent et le mixage est légèrement désagréable mais franchement c’est du bon boulot. Belle évolution. Qui aurait pu prédire ça à l’époque de Thorr’s Hammer?? Franchement respect. Oh oui je sais c’est un album collaboratif, il n’y a pas que Sunn. Désolé les autres, je vous connais pas, si ça se trouve c’est vous qui avez tout géré et tout. Pardon pardon pardon. Focalisons nous sur la musique. Ah mais il y a un précédent. Vous vous rappelez de “the sinking belle”, sur l’album de Sunn et Boris, avec Jesse Sykes au chant? Ben voilà. Imaginez cette chanson, mais avec un son hyper vintage, un mec qui chante, des violons. Bah non imaginez pas.

Wow je sais pas ce qu’on peut avoir de plus après ce morceau de bravoure (j’ai trouvé cette expression dans “la critique musicale pour les nuls”). Il y a un grand silence. Ah ben non en fait c’est fini. L’arnaque, c’est hyper court ce truc. Je suis un peu frustré. Mais bravo quand même les mecs. J’ai passé un bon moment. Bon. Sur ce, je vais me coucher. A plus les gros nuls. Bisous. 

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